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Djura – Le voile du silence

Le voile du silence c’est l’histoire vraie de la chanteuse kabyle Djura. Djura nous met d’emblée dans l’intrigue de l’histoire, elle est en croisière avec son compagnon étranger quand on vient la frapper à sang elle et son compagnon. Elle est alors enceinte mais ses agresseurs sans pitié en viennent à frapper sur son ventre rond et à mettre en joue une arme sur son ventre. Ses agresseurs, elle aura le temps de les reconnaître : Il s’agit de son frère et de sa nièce…

Doit-on continuer à suivre des coutumes révolues, dans notre temps, à cause du « qu’en dira t’on » ?

Couverture du livre de Djura intitulé Le voile du silence

Ainsi, dans Le voile du silence, on plonge dans l’ histoire de Djura qui revient sur sa vie, son adolescence rebelle à se battre avec une double culture :  une culture ancestrale Vs une culture contemporaine occidentale, une culture entre prison et liberté.  Puis on suit, avec Djura l’intensité de ses sacrifices, qui ne sont malheureusement pas reconnu. On suit le courage de cette femme, jeune femme dans l’histoire qui n’a pas l’air d’avoir de rancoeurs malgré tout le mal qu’elle se donne à arranger les choses et surtout malgré tout le mal que se donne ceux qu’elle aide pour la détruire. C’est encore une histoire qui m’a révolté au niveau de la place de la femme et sur le comportement que sa mère aura envers elle. Pour une mère, je trouve que c’est très décevant  pour ne pas dire  révoltant. J »honore la force que Djura a eu et je conseille vivement ce livre.

Dans le voile de silence, on lit également les problèmes que rencontre un couple mixte envers leur famille et surtout comment le frère et la nièce de Djura en sont arrivée à frapper à sang la grande sœur, la tante qu’est Djura. C’est étonnant en lisant ce livre, j’ai revu des scènes du film La source des femmes de Radu Mihaileanu, à croire que le réalisateur s’en ait inspiré. Je vous mets ci-dessous quelques citations du livre de Djura – Le voile du silence qui ont retenu mon attention.

« L’homme est la femme sont comme le soleil et la lune. Il se voient bien, mais ne se rencontrent jamais« 

« Je lui promis de porter un chapeau. Un chapeau cache les cheveux, non ? Ce fut l’horreur ! Car ne pas porter le foulard c’est mal, mais porter le chapeau, pour une femme, se révèle carrément diabolique ! Le chapeau est un symbole de virilité, un attribut exclusivement masculin.« 

« Une fille, disent les kabyles c’est une épine dans le pied, un pieu dans le dos de son père et de ses frères. Une source d’inquiétude et d’ennuis permanents, en somme, qui nécessite une éducation stricte, dont la mère doit se charger en multipliant les interdits au fur et à mesure que la petite avance en âge. Si la jeune enfant pleure devant tant de contraintes, personne n’ira la consoler. Il lui faut apprendre à subir, à être docile, à se maîtriser.

Maîtriser son corps déjà. Marcher sans courir, porter des robes longues recouvrant ses mollets, ramasser chastement ses jupes afin de cacher ses jambes quand elle s’assoit, et ne jamais s’asseoir face à un homme. Cacher ses bras, aussi, et ses cheveux qui sont un objet de désir : ne pas les dénouer, ni les coiffer devant une personne du sexe opposé.

Maîtriser son enthousiasme aussi bien que sa gourmandise. Parler avec retenue, manger peu et surtout ne pas commencer à manger à table la première. Réprimer ses tentations de paresse : apprendre toutes les besognes ménagères dès l’enfance, travailler en silence, balayer accroupie, à reculons, en tournant le dos aux hommes. Ne pas attende le moindre remerciement pour ces tâches, si lourdes soient-elles, mais se montrer au contraire reconnaissance vis-à-vis de ses parents qui lui enseignent ainsi son futur métier de femme.

Maîtriser surtout ses élans de coquetterie, de provocation sensuelle, de sexualité. Baisser les yeux devant les garçons, ne pas leur sourire, éviter de leur adresser la parole, leur sourire, éviter de leur adresser la parole, leur céder le passage et le bon côté du chemin. Dès la puberté de sa fille, la mère de celle-ci lui explique qu’elle se trouve désormais en danger masculin perpétuel, et que sa propre nature féminine, représente un danger pour elle-même. Plus elle grandira, plus elle devra lutter contre ses attirances sentimentales et bannir tout émoi corporel. Elle a été mise au monde pour se marier selon le choix de ses parents et pour faire des enfants à son tour. Si l’élu ne lui plait pas, elle n’aura pas le droit de le refuser. Le célibat n’est pas envisageable : « Pour une fille, il n’ y a que le mariage ou la tombe » dit un proverbe chaouia. Or, au mariage elle doit arriver vierge, sous peine de se voir renvoyer par son époux chez ses parents qui, déshonorés, devront la tuer, en l’étranglant, en lui administrant du poison ou de tout autre manière.

Comment pouvais-je imaginer, à treize ans et en France que je subirais cette loi jusqu’au bout, ou presque ?  « 

Djura – Le voile du silence –  lu en Ed . Livre de poche – 1994 (Ed. n°1 =Michel Lafon )

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Un commentaire sur “Djura – Le voile du silence

  1. Pingback: Comment la culture impact sur le comportement ? | What does it means

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